Hors les murs

EX MACHINA

UNE EXPOSITION PERSONNELLE DES PEINTURES DE SÉBASTIEN METTRAUX

Au printemps 2017, Sébastien Mettraux a terminé l’entreprise picturale dans laquelle il s’est lancé depuis deux ans, suite à l’obtention de la bourse Leenaards. À cette occasion, le CACY porte une exposition hors les murs qui a exceptionnellement lieu sur la voie 3 de la gare de Vallorbe, afin de créer un dialogue pertinent entre ses peintures – témoignages du patrimoine industriel de la région – et les locaux désaffectés des CFF.

« L’opposition dressée entre la culture et la technique, entre l’homme et la machine, est fausse et sans fondement […] », écrivait le philosophe Gilbert Simondon. Caractérisant la modernité par la machine industrielle, il explique que désormais l’homme n’est plus l’individu au travail, porteur d’outil ; il en est devenu le serviteur, l’ouvrier ou l’ingénieur. Depuis la fin du XIXe siècle, les progrès techniques ont fasciné l’être humain. Les machines sont devenues une source d’inspiration et un motif récurrent dans le champ artistique : le dadaïsme, le futurisme, le purisme, le vorticisme, la Nouvelle Objectivité, la Photographie subjective se sont emparés du sujet. Les formes des machines, leurs matériaux ou leur fonctionnement, mais plus encore l’autosuffisance de leurs mécanismes, leur étonnante complétude ont été représentés en une pléthore de réalisations témoignant des transformations progressives d’une technicité toujours plus compliquée. Les artistes Panamarenko ou Bruno Gironcoli, pour ne citer qu’eux, ont développé ces dernières décennies des prototypes de machines utopiques, oniriques, prolongeant les recherches des surréalistes au début du siècle passé qui s’appuyaient, entre autres, sur la vision poétique du comte de Lautréamont : « Beau comme la rencontre fortuite, sur une table de dissection, d’un parapluie et d’une machine à coudre. »

Synonyme de progrès et de développement, la machine a été souvent magnifiée ; mais elle a également été dénigrée et critiquée comme facteur d’asservissement. Depuis quelques années, Sébastien Mettraux, jeune artiste de la région, a décidé à son tour de célébrer la machine. Moins pour la modernité que pour la curiosité qu’elle suscite en lui. Moins pour en faire l’apologie ou la critique que pour dépeindre le paysage du Nord vaudois sous l’angle de son industrialisation. Ainsi, loin de la vision champêtre d’une campagne faite de routes sinueuses et de monts verdoyants, Mettraux traduit en peinture un patrimoine industriel omniprésent dans son pays. Une vingtaine de grandes toiles hautes en couleurs, portraits de machines décontextualisées et sans titre, a été réalisée sans relâches durant deux ans. Un projet ambitieux qui s’est développé au quotidien dans le secret de son atelier situé dans les combles de la gare de Vallorbe. Un projet dont il est à la fois l’ingénieur, le serviteur et l’ouvrier…

Karine Tissot

Adresse
Gare de Vallorbe
Halle de la voie 3
CH-1337 Vallorbe
Horaires
Du mercredi au dimanche, de 13h à 18h
Dates
Du 21 mai au 18 juin 2017
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