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PLATEFORME(S)

DU 29 NOVEMBRE 2014 AU 1ER FÉVRIER 2015

 

« Ce n'est point un tableau, c'est une estampe ; cela n'est fait qu'avec du noir de fumée, on en tire cent copies en un jour, et ce secret éternise les tableaux que le temps consume » (François-Marie Arouet, dit Voltaire, Dial. XII). Unique procédé de reproduction mécanique des images avant l’invention de la photographie, l’estampe a permis la multiplication et la diffusion de celles-ci à une échelle importante – cette révolution technique n’ayant eu d’égale que celle de l’imprimerie dans le domaine de l’écrit. Jusqu’au XIXe siècle, il faut voir dans l’estampe un moyen puissant de propagation des connaissances, des idées et des modes, en offrant au public des objets peu onéreux, faciles à transporter, que l’on pouvait conserver, montrer à d’autres, faire circuler, coller ou encadrer au mur, dans la sphère privée ou sur le domaine public. Très tôt, l’estampe acquiert une valeur propre au sein du milieu de l’art. Pratiquée par des grands artistes désireux non seulement de diffuser le plus largement possible leurs œuvres, mais également désireux d’explorer les ressources particulières du médium, l’estampe continue d’exister aujourd’hui dans les pratiques contemporaines.

PLATEFORME(S) est une exposition collective qui met en lumière le travail d'un artisan-pressier, Raynald Métraux, au service de l'art contemporain. Rehaussée de propositions inédites (avec les travaux récents ou les installations de François Burland, Claudia Comte, Hadrien Dussoix, Jean-Michel Jaquet, Mingjun Luo, Olivier Mosset, Anne Peverelli, Didier Rittener, Christian Robert-Tissot), cette exposition présente principalement des estampes contemporaines sorties de l'atelier du Lausannois, spécialisé dans l’impression à plat – la lithographie –, éditeur et galeriste installé dans le quartier du Flon depuis 23 ans. Parmi les plasticiens édités par l'atelier on trouve principalement des artistes de la région, ceux dont l'art rayonne en Suisse romande comme ceux qui s'exportent hors de nos frontières : Ian Anüll, Erica Baum, Francis Baudevin, Ignazio Bettua, Lorna Bornand, Stéphane Brunner, François Burland, Gianfredo Camesi, Pierre Chevalley, Claudia Comte, Hadrien Dussoix, Peter Emch, Philippe Decrauzat, Stéphane Dafflon, Olivier Estoppey, Vidya Gastaldon, Alex Hanimann, Alain Huck, Michel Huelin, Robert Ireland, Vincent Kohler, Jean-Michel Jaquet, Cary Kwok, Mingjun Luo, Jean-Luc Manz, Olivier Mosset, Amy O’Neill, Farhard Ostrovani, Carmen Perrin, Anne Peverelli, Didier Rittener, Christian Robert-Tissot, Gottfried Tritten.

De générations différentes, ayant des pratiques d'un tout autre ordre, les plasticiens – émergents ou confirmés – viennent chercher dans cet atelier un savoir-faire connu et reconnu pour donner une note différente à leur production et offrir peut-être au plus grand nombre une manière d'accéder à l'art contemporain par un support plus modeste que la sculpture, moins encombrant que l'installation, plus facilement collectionnable qu'une vidéo. Il n’est pas question ici de reproduire une œuvre préexistante, mais bien de réaliser des créations inédites, objets graphiques originaux et spécifiques, fruits d’un dialogue et d’une réflexion menés de paire avec Raynald Métraux.

A l’heure où le Cabinet cantonal des estampes fête le 25e anniversaire de sa présence au Musée Jenisch à Vevey, que le Grand Palais à Paris présente les célèbres estampes de l’artiste japonais Katsushika Hokusaï (1760-1849) qui ont fortement contribué au renouvellement de l’art occidental à la fin du XIXe siècle, le CACY propose avec PLATEFORME(S) une approche du multiple en tant que dialogue interrogeant l’estampe comme langage, comme langage plastique, comme langage contemporain, porteur de concepts artistiques variés. Ainsi sous les voûtes de la pierre jaune d’Hauterive la vidéo Nightscape de Claudia Comte, converse avec la peinture au spray d’Hadrien Dussoix, non loin d’un accrochage à l’italienne qui représenterait l’intérieur d’un collectionneur passionné d’estampes contemporaines. D’autres salles s’érigent en support monumental pour des installations d’estampes pensées par Didier Rittener ou Jean-Michel Jacquet. Enfin l’odeur de l’encre est encore perceptible dans les feuilles fraîchement passées sous la presse, signées François Burland, Anne Peverelli ou Christian Robert-Tissot. Par glissements, rapprochements, répétitions, variations et accords, le multiple se déploie comme un champ de recherche. Et parfois comme un champ de référence : n’est-ce pas Peter Doig – un des peintres actuellement les plus en vogue de l’art contemporain – qui réalisait en 2004 la peinture Metropolitain, House of Pictures, évoquant Le Collectionneur d’estampes de Daumier, où un homme regarde des gravures ?

Karine Tissot

Autour de l'exposition

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Ville d'Yverdon-les-Bains
   
   
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