EXPOSITION en cours

TOTCHIC

DU 19 MARS AU 29 MAI 2016

« Mon travail, comme la vie, mêle horreur et beauté. » (Elisabeth Llach)

Impertinent, sensible, libertin, gourmand, le monde doux-amer d’Elisabeth Llach met en jeu dans l’exposition « Totchic » une collection publique – celle du Musée suisse de la mode – et un travail d’atelier : sortir la première de l’asphyxie du dépôt et stimuler le second par un jeu de rencontres.

En se débarrassant volontairement de la cohérence que l’on prête à la réalité, Elisabeth Llach donne un souffle nouveau aux objets manipulés. Inventions à la fois familières et décalées, ses collages tridimensionnels invitent à méditer sur la vérité des choses avec un humour ambigu. Travestis en « pièces montées », ils sont le fruit de forces psychiques dont la source se trouve dans l’imagination poétique et peut-être le rêve. Au menu, Elisabeth Llach sert des assemblages de chapeaux, envahit les murs d’un effet « meringue » et peint des assiettes. Plane sur ce scénario placé sous les feux de projecteurs de cinéma le souvenir du vernissage de l’Exposition InteRnationale du Surréalisme (dédiée à Eros) qui s’est tenue en 1959 à Paris, où Meret Oppenheim installait de la nourriture sur le corps d’une femme nue allongée sur une table, alliant voyeurisme, plaisir de bouche et érotisme. Dans « Totchic », des chaussures d’enfants émergent d’une coiffe rose bonbon ; un couvre-chef se fond dans d’élégantes plumes de cygne noir; une tête de croco s’échappe d’une fourrure blanche immaculée. Si la lourde robe en velours n’a finalement pas été suspendue au plafond, des pèlerines s’alignent jusqu’à saturation pour composer une masse sculpturale pesante.

« Je me considère parfois comme une “sorcière” qui préparerait une potion magique. Je cherche la puissance. » Avec un esprit caustique, Elisabeth Llach manipule des tissus témoins d’époques révolues, mettant en jeu des allures hybrides, attirantes, troublantes, parfois repoussantes. Ils s’inscrivent dans des scénarios improbables tels qu’on les croise dans le travail peint ou dessiné de l’artiste depuis toujours. Un ton noir et blanc, des œuvres éclairées par des venelles de lumière. Autonomes et interdépendantes à la fois, elles forment un tout, intégrées dans une architecture qui fait corps. Dès lors, un mythe se narre avec un surcroît de réalité désillusionnée. Mais désillusion n’est pas synonyme de déprise et l’enchantement survit. L’univers d’Elisabeth Llach ne cherche pas la réalité, il la reflète. Un théâtre pléthorique, qui en dit long sur la situation de la femme, protagoniste principal, qui pourrait emprunter ces termes à William Copley: « Le surréalisme rendait tout compréhensible : ma gentille famille, la guerre et pourquoi j’étais allé au bal de Yale sans chaussures. » C’est que ces dernières n’étaient visiblement pas de la bonne taille et que leurs longs lacets s’étaient « pris » dans les nervures des voûtes de l’Hôtel de ville.

« Totchic » reçoit également une intervention d’Anne Hildbrand, dont le travail développé in situ fait résonner des rebuts entre eux. Une manière d’installer à la dimension de l’espace qui le reçoit l’envers d’un décor, l’avant ou l’après du spectacle. Textures industrielles, récupération, orchestration sont des paramètres cardinaux pour obtenir des rythmes visuels amusés et décomplexés dans ce display qui ne fait sens qu’ici et maintenant. Force est de constater que depuis que la sculpture est descendue de ses promontoires, les socles ont disparu des scénographies contemporaines. Anne Hildbrand les a extirpés des dépôts où ils étaient profondément endormis pour ériger une sorte de banquise minimaliste, révélée par la lumière glaciale des néons qui tour à tour dessine, souligne ou fait disparaître les arêtes. En contrepoint à la force massive de cette installation, un dessin hyperréaliste d’Estelle Ferreira présente un foisonnement de détails réalisés à la fine pointe de graphite pour donner à voir ce qui n’est pas réel. Ainsi « Totchic » lève le rideau sur le travail de trois femmes artistes qui ont en commun le goût de la mise en scène.

Vernissage, samedi 19 mars, dès 18.00

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Autour de l'exposition

SAMEDI 28 MAI, 11H15-12H

Marché des petits

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Sans inscription, gratuit

CENTRE D'ART CONTEMPORAIN

DIMANCHE 29 MAI, DÈS 11H15

Finissage de l’exposition

Dès 11h15, brunch au CACY en présence des artistes, Inscription ici
13h visite commentée de l’exposition par Karine Tissot

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