EXPOSITION en cours

FROM HERE TO EAR – CÉLESTE BOURSIER-MOUGENOT

29 JUILLET – 5 NOVEMBRE 2017

« Le déploiement dans l’espace d’un dispositif, en relation avec un lieu ou une situation, correspond pour moi à ce que d’autres musiciens accomplissent en faisant des concerts ou des disques. » (Céleste Boursier-Mougenot)

Tout commence par la rumeur. Il était une fois à Montreuil (dans l’espace Ecart) une première installation baptisée d’ici à ici, qui mettait en relation deux lieux distincts : d’un côté des sons produits par des oiseaux perchés sur des cordes de pianos munies de microphones et de l’autre côté, les visiteurs étaient invités à écouter ces sons diffusés, mixés et amplifiés. Cette première installation du genre avait été imaginée par Céleste Boursier-Mougenot en 1995. Quand il s’est agi de remonter le projet quatre ans plus tard au P.S.1 à New York, impossible de disposer de deux salles séparées. Une contrainte qui pousse l’artiste à envisager le principe de from here to ear qui réunit dans un même espace des oiseaux, des guitares et des basses pour une expérimentation décuplée du moment présent. L’installation n’a cessé depuis d’évoluer dans ses multiples présentations à travers le monde (récemment au Musée des beaux-arts de Montréal (2016) et l’hiver dernier au Centre d’art contemporain de Copenhague). La voici présentée ici pour la première fois en Suisse, dans sa 22e version : sur 300 mètres carrés, 88 diamants mandarins volent d’une arche à l’autre dans cette vénérable architecture dont les contours dessinent admirablement la silhouette d’une volière. 25 mètres cubes de sable lavé du lac de Neuchâtel permettent aux quelques 200 graminées de participer au paysage recomposé, écrin temporaire pour écouter le pépiement de ces oiseaux grégaires couplés aux sons rock produits par leur présence physique et leurs sautillements sur des instruments électriques. Comme dans tous les travaux de l’artiste français, il y a la volonté de réunir des domaines étrangers et de faire se rencontrer l’improbable. Son œuvre est très souvent associée à une recherche musicale, dont l’expression résulte d’une suspension parfaitement ajustée et littéralement captivante. C’est que Céleste Boursier-Mougenot vient de la musique. Il vient aussi de la scène : il a été pendant dix ans le compositeur de la compagnie de théâtre de Pascal Rambert. En expérimentateur infatigable, l’artiste français offre aux visiteurs des œuvres qui n’existent véritablement que dans l’espace partagé avec elles, au croisement du son, de l’image et de la nature. Grâce à l’installation sonore, il n’est plus question d’être au centre ni en face de l’œuvre, mais d’y plonger, entièrement. Il y a le monde d’où l’on vient et le monde où l’on rentre : un organisme vivant, éphémère et singulier. Les sons et les formes se révèlent aux visiteurs proportionnellement à l’attention qu’ils leur confèrent. Par leur présence et leurs déplacements, ces derniers agissent sensiblement sur le comportement des oiseaux et donc sur la musique. Ils en sortent comme on sortirait d’un état second, transformés par l’expérience. Car Céleste Boursier-Mougenot élabore des dispositifs qui permettent de passer du temps, de se perdre et de se retrouver : « Je me souviens que, lorsque j’étais enfant, j’écoutais souvent mes disques en les regardant tourner…. et j’aurais voulu que cet état du son perdure infiniment ».

Karine Tissot

Text auf Deutsch

Autour de l'exposition

Inscription à notre lettre d'information Nous suivre sur les réseaux sociaux  
       
Ville d'Yverdon-les-Bains
   
2013 - d&DA: so2design.ch