EXPOSITION en cours

ECHO – RENATE BUSER

DU 24 NOVEMBRE 2018 AU 3 FÉVRIER 2019
VERNISSAGE LE 24 NOVEMBRE DÈS 17H

Le travail photographique de Renate Buser est souvent associé à l’architecture moderniste et brutaliste qu’elle a abondamment documentée. S’il est vrai que son œuvre s’inspire toujours d’éléments de constructions existants pour réaliser de grandes installations, son intérêt ne se limite pourtant pas à un style d’architecture.

Le projet développé pour le CACY en est la preuve : il se saisit du rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville du XVIIIe siècle comme d’un tout qu’il s’agit de redécouvrir au travers d’une installation inédite. Mise à mal, retournée tête-bêche, agrandie, l’architecture est traduite en photographies monumentales, noir et blanc, offrant un regard décalé sur la spatialisation, faisant danser les nervures de l’ancienne halle aux grains, et contribuant à abstraire la pierre d’Hauterive en se jouant à la fois de la pesanteur et de l’échelle – agrandissant des détails ou diminuant le grandiose. Plus encore, un dialogue s’installe entre des photographies du lieu et des architectures plus contemporaines provenant de Paris (Place de Seine, La Défense, le collège néerlandais) ou Londres (Barbican Art Center). Une manière de questionner notre rapport à la réalité et de rappeler que le présent est fait de répercussions du passé.

De grand format, les images installées publiquement sur des façades en extérieur par Renate Buser créent souvent des mises en abyme ou des trompe-l’œil. Certaines sont des œuvres pérennes – Bâle, Lausanne, Genève et Thoune –, d’autres répondent à des nécessités temporaires, comme aujourd’hui à Yverdon-les-Bains. Contrecollées sur les parois intérieures du CACY, qui ont été en partie modifiées dans leur hauteur ou leur longueur, les photographies devenues papiers peints jouent avec des cadrages et des sauts d’échelle que seule la photographie parvient à produire. Au-delà de sa valeur formelle, une séquence de trois images prises à Schweizerhalle, près de Bâle, évoque quant à elle l’importance qu’Yverdon-les-Bains eut autrefois dans le négoce du sel. Une denrée précieuse qui a cruellement manqué en Suisse jusqu’à ce que le gisement de Bex soit exploité au XVIIe siècle et puis la découverte en 1836 des ressources d’Outre-Sarine.

Toutes les interventions artistiques de l’artiste bâloise composent avec ces deux arts que sont l’architecture et la photographie, qu’elle veille à traiter comme des paramètres cardinaux et équivalents. Moins pour que la première soit documentée par la seconde, que pour exprimer, dans des forces égales, un parfait équilibre dans le rapport à l’espace, tel que le titre de l’exposition « Echo » veut en rendre compte par la poésie du son. L’ensemble donne matière à réfléchir sur la lumière et les volumes, faisant de la photographie autre chose qu’un simple enregistrement mécanique de notre monde. Nous convainquant bien au contraire qu’elle peut exprimer des philosophies et des esthétiques qui participent à l’existence de la sphère sociale.

Karine Tissot

Autour de l'exposition

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Ville d'Yverdon-les-Bains
   
   
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